Dans un débat désordonné, il faut se donner les moyens, j’allais presque dire les moyens rhétoriques, pour soutenir le choc … On sait tout ce qui ne marche pas : l’arrogance, l’argument d’autorité, le tunnel explicatif. Ce qui marche n’est pas si évident : cela a à voir aussi avec une forme d’émotion collective. Je pense qu’il n’est pas raisonnable, quand on a des choses sérieuses à défendre, de se contenter d’être en permanence le pompier de ses propres émotions. Parce que sinon, on se fait toujours déborder par moins scrupuleux et plus habile que soi… L'historien P Boucheron, sur comment contribuer au débat, à l'occasion de son élection au Collège de France
Patrick Boucheron
Posted by Isabelle le 2016-03-09
Ce que peut l’histoire, ce qu’elle peut vraiment, ce qu’elle peut encore – entendez à la fois ce qui lui est possible et ce qu’elle est en puissance… Tout pouvoir est pouvoir de mise en récit. Cela ne signifie pas seulement qu’il se donne à aimer et à comprendre par des fictions politiques, des fables, des intrigues. Cela veut dire plus profondément qu’il ne devient pleinement efficient qu’à partir du moment où il sait réorienter les récits de vie de ceux qu’il dirige. Mais dans le même temps, il expose de manière intelligible ce qui, en nous traversant de tant de contraintes, peut aussi nous libérer de leur détermination. Patrick Boucheron, Leçon inaugurale, Collège de France, 17 Décembre 2015
Patrick Boucheron
Posted by Isabelle le 2016-03-09